ANIMECO    Croissance instable

Fiche pédagogique "Chômage conjoncturel"


Auteur : I. Gautier, professeure agrégée de sciences économiques et sociales

Utilisations

L'application peut être un support de cours pour tableau numérique : les graphiques sont affichés au fur et à mesure de la progression du cours et des questions des élèves. Elle peut aussi être utilisée dans le cadre de travaux dirigés, chaque élève ou groupe d'élève recherchant les statistiques utiles pour ses démonstrations répondant aux questions posées par le professeur.
Un grand nombre de graphiques est proposé pour permettre au professeur de choisir.
Plusieurs périodes peuvent être étudiées.

Mode d'emploi

Les cadres peuvent être déplacés en gardant la souris appuyée, le cadre déplacé passe au premier plan. Les cadres peuvent également être redimensionnés par appui sur le coin bas droit.

Les cadres peuvent être fermés par clic sur la croix en haut à droite.
ATTENTION : de légers écarts peuvent apparaître entre les données du graphique principal dont la source est l'Insee et les données internationales dont la source est l'Union Européenne.

Dans les explications qui suivent, il est précisé entre parenthèses où se trouvent les données : type de données ("Données internationales", "Offre" etc.), numéro du graphique ou son nom.

1968-2020

Les 2 graphiques (en % et en valeurs absolues) peuvent être utilisés pour rechercher une éventuelle corrélation entre les variations de la production et le chômage pour rechercher un chômage cyclique. Après une réflexion sur l'ensemble, l'étude de périodes plus précises permet d'étudier les causes du chômage en lien avec la situation conjoncturelle.

1968-1972

Après les accords de Grenelle en 1968, les salaires avaient fortement augmenté et la productivité également (Offre, productivité et salaires), mais à partir de 1970, la croissance de la productivité se ralentit, alors que les salaires poursuivent leur hausse, ceci conduit à un offre : les coûts des entreprises augmentent (graphique 2 : coût des consommations intermédiaires) et provoquent une hausse de l'inflation liée à la concurrence oligopolistique (graphique 3, "Inflation").
La hausse de la production nationale ralentit (graphique principal) avec une légère hausse du taux de chômage : il ne suffit pas que la production augmente pour que le chômage baisse, si la hausse de la productivité est supérieure à la hausse de la production, l'emploi nécessaire se réduit.
Le ralentissement de la croissance touche aussi les autres pays développés ("données internationales"), avant le choc pétrolier qui ne débute qu'en décembre 1973.

1972-1973

La hausse de la croissance en 1973 permet une baisse du taux de chômage. Le choc pétrolier de 1973 ne touche que plus tard la France : les contrats prévoyaient un paiement à terme.

1975, choc pétrolier

Le graphique principal, les graphiques de "données internationales" et "données nationales" permettent de caractériser la situation économique.
En 1974 ou 1975, les grands pays connaissent une forte baisse de la croissance qui devient négative. La France est touchée un peu plus tard : récession en 1974, la baisse du PIB en 1975 (graphique "données internationales"). Une hausse du prix du pétrole provoque à la fois des effets sur l'offre et sur la demande (voir plus bas les références sur les effets économiques d'un choc pétrolier).
Entre 1950 et 1972, le prix courant du pétrole baissait légèrement et le prix constant était stable (source : wikipedia). Il a fortement augmenté en décembre 1973 puis 1974 (110 francs la tonne en septembre 1973, 380 francs en avril 1974 – bouton "offre", graphique 1 : prix du pétrole). Les prix intérieurs des produits pétroliers ont également augmenté, le prix de l’essence progressant plus vite que la moyenne et le fuel nettement moins vite.

Plusieurs effets immédiats peuvent être étudiés : la hausse du prix diminue les quantités importées (offre, graphique 2 : quantités importées), mais, du fait d’une inélasticité de la demande à court et moyen terme, la baisse des quantités consommées est inférieure à la hausse des prix et le coût des importations progresse (graphique 3 : coût des importations). Il en résulte une hausse du poids des importations énergétiques par rapport au PIB (offre, graphique 4 : importations pétrolières/PIB). L’effet négatif sur la production française n’a pas été immédiat, c’est en 1975 que la diminution de la production est nette (cf. référence 1975 3). Cette baisse est liée à deux aspects : premièrement, une hausse du coût des consommations intermédiaires (graphique 5 : prix des CI), que les entreprises répercuteront sur leurs prix du fait d’une concurrence oligopolistique (graphique 6 : inflation); deuxièmement, une diminution des achats de biens nationaux quand les budgets des ménages se consacrent davantage aux achats de pétrole (essence, chauffage). Ces deux effets sont visibles dans les parties « offre » et « demande ».
Une hausse des prix conduit à un effet d’offre : les quantités offertes diminuent. [Il a été vu en première, que l’entreprise maximise son profit en égalisant le coût marginal au profit ; si les coûts, dont celui marginal, augmentent, pour un même prix, l’offre offerte est plus faible.]. Il en résulte une baisse de la production industrielle (graphique 7 : évolution de la production industrielle). Il est à noter que cette baisse n’a pas eu lieu en 1974 (alors que le prix du pétrole a commencé à augmenter au dernier trimestre 1973 mais seulement en 1975. Un autre effet est la détérioration des termes de l’échange (graphique 8).
Les effets sur la valeur de la monnaie sont moins évidents. Le flottement généralisé des monnaies s’est accompagné d’amples fluctuations visibles sur le graphique 9 (Franc) : le franc s’était apprécié pendant le premier semestre 1973 et s’est déprécié fin 1973-début ; une nouvelle appréciation a eu lieu jusqu’à la mi 1975 suivie d’une nouvelle baisse. Les évolutions diffèrent également selon la monnaie à laquelle est comparée le franc (donc les effets sont diffférents selon les produits importés et exportés).
La hausse du prix du pétrole a aussi un effet négatif sur la demande. La facture pétrolière ampute le revenu national et réduit la demande interne (par exemple : demande, "Budget" : réduction de l'achat de voitures neuves, "Consommation effective" : réduction de la part des dépenses d'équipement électriques dans la consommation effective des ménages alors que la part des dépenses de matériels de transport, incluant les carburants, augmente).
Inversement, elle accroît les revenus des pays de l'OPEP qui peuvent importer des produits nationaux ("Achats des pays pétroliers à la France"). Cependant, au total, la hausse des exportations ne compense pas la diminution de la demande intérieure.
La baisse de la demande nationale réduit ensuite la pression inflationniste, ce qui réduit la diminution de la demande.
Au total, la production nationale baisse en 1975 et le taux de chômage progresse : les emplois nécessaires sont moins nombreux (données nationales, emplois).

1981-82, politique de relance

Après une courte reprise en 1976, le taux de croissance du PIB se réduit jusqu'en 1981 (la production continue de progresser mais de moins en moins vite), la productivité progresse rapidement (offre, "productivité et salaires") ; cette forte augmentation de la productivité à laquelle s'ajoute une hausse de la population active (données nationales, "nombre d'actifs"), liée notamment au travail féminin, malgré une hausse des emplois, conduisent à une hausse progressive du taux de chômage.
A son arrivée au gouvernement en juin 1981, la gauche mène une grande politique de relance : hausse du SMIC ( demande, "SMIC") et de certains revenus sociaux (famille, personnes âgées). L'embauche de fonctionnaires et le soutien aux secteurs en difficulté creusent le déficit public (choc de demande, "Dépenses publiques"). Les nationalisations et des mesures visant à favoriser l'emploi : semaine de 39h, 5e semaine de congés payés, loi Auroux accompagnent cette politique. L'effet sur la consommation est positif (choc de demande, "Consommation") mais les importations s'accroissent (choc de demande, "Echanges") : la politique française de relance s'oppose à celles des autres pays (politique monétaire restrictive) et profite aux entreprises étrangères.
L'effet limité de cette politique peut se voir avec les graphiques des "données nationales" : le nombre d'emplois a progressé (graphique "Emploi") mais insuffisamment et la hausse du chômage n'est pas enrayée (graphique "chômage"). Ceci s'explique par une insuffisance de la production française : la rentabilité des entreprises est insuffisante (graphique "rentabilité") pour supporter la concurrence étrangère. Le solde commercial (graphique "solde extérieur") et le déficit public (graphique "solde public") s'accroissent considérablement, obligeant à cesser la relance.
Les "données internationales" montrent que les politiques restrictives menée aux États-Unis et au Royaume-Uni entre 1979 et 1981 ont conduit à des dépressions.

1982-86, politique de désinflation compétitive

La contrainte extérieure à laquelle s'est heurtée la politique de relance de 1981, pousse le gouvernement Mauroy à une modification de la politique économique. Pour que les entreprises retrouvent leur compétitivité, l'inflation doit être maîtrisée (devenir inférieure à celle des concurrents européens).
Les entreprises doivent pouvoir maîtriser leurs coûts et, en premier lieu, les salaires. Les salaires du privé ne dépendent pas du gouvernement, mais, pour permettre aux entreprises de ne pas les augmenter, le gouvernement bloque les prix et les salaires de juillet à novembre 1982, puis, incite les entreprises à conduire des négociations en indexant les salaires non sur l'inflation passée mais sur celle future anticipée pour casser la boucle prix-salaires. Les négociations dans la fonction publique conduisent à un blocage des salaires des fonctionnaires. Des salaires limités (offre, graphique "salaires"), permettent de limiter les prix si les entreprises répercutent dans les prix cette amélioration : l'inflation baisse en France (graphique "inflation"). La compétitivité des entreprises s'améliore (graphique "compétitivité"*). Les exportations progressent (graphique "Exportations"). Le taux de marge des entreprises non financières progresse (graphique "rentabilité"). La répartition de la valeur ajoutée se fait au détriment des salaires (graphique "partage VA").
La politique de désinflation compétitive a des effets négatifs sur la demande (voir "demande") : le partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires et au profit de l'EBE, réduit fortement la hausse de la consommation (graphique "Consommation") en 1983 et 1984, ce qui réduit sa contribution à la croissance.
Les "données nationales" permettent de voir que cette politique n'a pas permis de réduire le chômage. La situation économique ne se limite pas à des problèmes d'offre mais aussi à un manque de demande.
* Note : La compétitivité-coût compare l'évolution des coûts salariaux unitaires de la France (évolution du coût du travail corrigée de celle de la productivité) à celle de ses partenaires de la zone.

1986, contre-choc pétrolier

Les graphiques de "données internationales" et "données nationales" permettent de caractériser la situation économique.
Le prix international du pétrole (cours à Rotterdam, cf. offre, "Prix") baisse de 30 $ en 1985 à environ 10 $ en 1986 du fait des dissensions au sein de l'OPEP, de la découverte de nouveaux gisements en mer du Nord et de la diminution de la dépendance énergétique des pays occidentaux à l'égard du pétrole (hausse du nucléaire, économies d'énergie). La baisse du dollar (graphique 2 : un indice du Franc en baisse indique qu'il faut moins de Francs pour obtenir un dollar ; c'est le cas pour toutes les monnaies du graphique de 1985 à 1987) renforce cet effet-prix.
L'effet n'est pas mécanique (cf. "Quantités importées") : il n'y a pas de hausse nette des volumes importés qui ne progressent que de 3 % pour le pétrole. La consommation finale d'énergie n'a en effet augmenté que 1,5 %. Les prix intérieurs n'ont pas baissé autant que ceux internationaux. Les distributeurs n'ont d'ailleurs que peu augmenté leurs stocks en prévision d'une accentuation future de la baisse des prix.
La facture pétrolière a fortement baissé ("Valeur importée") permettant une baisse du poids dans les importations ("Import/PIB") et une baisse du coût des consommations intermédiaires des entreprises en France ("Coût des CI"). Cette dernière baisse est à l'origine d'un offre positif.
L'inflation régresse en France ("Inflation") et la production industrielle progresse de 2,5 % ("Production").
L'Insee note cependant que l'OCDE prévoyait une hausse de la production plus élevée : d'autres facteurs ont joué négativement, certains sont liés à l'effet sur la demande. Mais les politiques économiques restrictives et la montée des exportations des pays en voie d'industrialisation ont également joué.
La baisse du prix du pétrole a des effets indirects sur la demande. La dépense de carburants diminue dans le budget automobile des ménages (choc de demande, "Budget automobile"), ce qui permet d'acheter d'autres produits, comme les voitures (neuves en particulier) ou les équipements électriques (graphique 2, "Consommation" : hausse de la part des dépenses d'équipements électriques dans la consommation effective des ménages alors que la part des dépenses de matériels de transport, incluant les carburants, peut diminuer ). Les pays de l'OPEP réduisent leurs achats de produits manufacturés français ("Achats extérieurs")
Au total, les effets positifs sur la production permettent la création d'emplois en 1986 et 1987 (données nationales, emploi), pourtant le taux de chômage ne se réduit pas (graphique principal) : la population active augmente fortement.

2007-2009, crise du crédit

Partie des États-Unis, le choc de demande lié au désendettement s'est propagé au reste du monde. Il atteint la France en 2008, le taux de croissance des crédits ralentit pour les ménages ( demande "Crédits 1") et les entreprises ("Crédits 2"). L'investissement des ménages, principalement en logement, chute (graphique "FBCF ménages") ainsi que celle des entreprises non financières (graphique "FNCF SNF"). La croissance de la consommation des ménages ralentit également (graphique "Consommation"). Il y a donc une baisse de la demande intérieure, à laquelle s'ajoute une baisse de la demande extérieure (graphique "Exportations").
La crise financière a donc des effets importants sur l'économie réelle : la France connaît la plus forte baisse de la production depuis 1950 (graphique principal), qui entraîne une hausse du chômage (données nationales, "Chômage") et une forte augmentation du déficit public (données nationales, "Solde public").
La situation est similaire mais amplifiée dans les autres pays développés (voir les données internationales).

2014-2017

- En 2014-2015, la zone euro et la France profite, comme les autres pays européens, d'une baisse du prix du pétrole (dans "offre", graphique "prix du pétrole"), d'autres matières premières et du taux de change de l'euro : l'origine de la baisse du prix du pétrole serait le comportement stratégique des pays exportateurs qui cherchent, en baissant le prix, à réduire l'intérêt des énergies non conventionnelles (aux Etats-Unis, le boom du gaz et du pétrole de schiste a permis d'accroître l'indépendance énergétique). Cette baisse de prix a accru la croissance en 2015 de 0,3 à 0,7 point de PIB (par rapport à une croissance mondiale estimée à 3,8 %). Ce sont les pays importateurs de pétrole (Japon, Etats-Unis, zone euro) qui profitent de cette baisse. La croissance française peut être vue dans "Données internationales". L'effet est à la fois un choc d'offre et de demande : la baisse des prix est positive pour les entreprises qui voient les coûts énergétiques et des matières premières diminuer (offre, graphique 5 "coût des CI"), alors que la baisse du taux de change (graphique 3 "cours de l'euro") favorise les exportations (choc de demande, graphique 5 "Exportations"). Les ménages peuvent reporter une partie du pouvroir d'achat libéré sur d'autres consommations : la baisse des prix augmente le pouvoir d'achat des consommateurs, même si les salaires stagnent (" demande" "Consommation" et "Salaires").
- Les politiques monétaires et économiques favorisent l'investissement des entreprises (demande, "BCF SNF"") par une baisse du coût du crédit ("offre","Crédits") et une hausse des profits (choc de la demande, partage de la VA) :
. La BCE met en place une politique volontariste et innovante : elle a assoupli sa politique monétaire de lutte contre l'inflation (contrairement à la Fed). Son taux directeur est à peine supérieur à 0 %, la BCE mène des opérations de refinancement de très long terme pour favoriser la reprise des crédits (les conditions très strictes d'octroi de crédit des établissements financiers est une des causes de la faible croissance des années 2011-2014). Une reprise du crédit favorise la hausse de l'investissement et de son effet multiplicateur. D'autre part, la politique de la BCE a favorisé la dépréciation de l'euro face au dollar, ce qui est un offre positif pour les entreprises exportatrices.
. Sur toute la période, une politique de l'offre est mise en place par les gouvernements français : depuis 2012 et surtout janvier 2014, les gouvernements français ont mis en place des politiques réduisant les coûts du travail : contrats d'avenir, CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), pacte de compétitivité. Les chocs précédents devaient créer un contexte favorable à cette politique qui n'a pas donné d'effets positifs jusqu'en 2015.
L'effet de ces chocs a été limité en France jusqu'en 2016 : les ménages ont augmenté leur taux d'épargne, les entreprises ont privilégié la hausse de leur taux de marge à la baisse des prix (voir : Insee, OFCE), ce qui leur permet d'améliorer l'offre à long terme, au détriment des effets positifs de demande de court terme. La croissance a très faiblement augmenté jusqu'en 2015 et le taux de chômage a stagné. En 2016, le choc positif d'offre extérieur cesse : hausse du prix du pétrole et de l'euro ("offre", "prix du pétrole" et "cours de l'Euro"). La croissance continue sa faible hausse et le taux de chômage progresse ("Données nationales").
En 2017, la croissance mondiale reprend et les tensions financières en Europe s'éloignent (voir OFCE). La politique de l'offre menée précédemment par le président Hollande porte ses fruits favorisant la croissance. Le nouveau gouvernement Macron intensifie la politique de l'offre en transférant massivement vers les entreprises et les hauts revenus (baisse de la fiscalité sur le capital, hausse du CICE, baisse des impôts sur les sociétés, suppression de la taxe sur les dividendes) l'argent provenant de la réduction de la dépense publique (baisse des aides au logements, reflux des contrats aidés, maîtrise des dépenses de santé, hausse de la CSG, de la fiscalité écologique et du tabac). Seule mesure favorisant la demande : la suppression de la taxe d'habitation pour les bas revenus, pourra, à terme, favoriser la consommation, si elle n'est pas compensée par une hausse d'autres impôts. Le déficit public se réduit lentement mais reste en-dessous de la barre des 3 %.
En 2018 et 2019, la politique de l'offre en France est maintenue mais avec des mesures fiscales favorisant les bas revenus, mises en place très progressivement fin 2018 et en 2019 et renforcées pour répondre au mouvement des "gilets jaunes"(voir OFCE perspectives économiques 2018-2020 et perspectives économiques 2019-2021).

2020

La crise du mondiale du COVID-19 n'est pas un cycle conjoncturel ordinaire mais une succession de chocs (les différentes vagues) variables selon les pays et auxquels ils répondent différemment.
La crise a conduit à une forte baisse de la production (graphique principal) : arrêt de nombreuses productions pendant le 1er confinement, réduction des transports aériens et donc crise aéronautique, limitation de l'activité des hôtels-cafés-restaurants, du tourime, de l'événementiel... La crise étant mondiale, les exportations ont chuté (offre, Commerce mondial), réduisant les productions qui y étaient destinées.
Face à la forte baisse de la production, des suppressions d'emplois ont eu lieu, elles concernent principalement les contrats courts. Les embauches ont reculé de 26,9 %.
Le volume d’heures travaillées en 2020 a reculé de -7,4 % par rapport à 2019. Cependant, la baisse de l'emploi a été limitée par les fortes mesures d'urgence : prise en charge du chômage partiel dans les entreprises pendant le confienement, aides aux ménages, fonds de solidarité pour les très petites entreprises, prêts bancaires garantis par l'Etat pour les entreprises en difficulté de trésorerie. Ces mesures, en limitant la baisse de l'emploi et du pouvoir d'achat, on limité les baisses de la demande qui sont cependant nettes (graphiques du bouton "demande").
Les créations et suppressions d'entreprises ont été marquées par la crise : de nombreuses créations d'entreprises malgré la baisse de l’activité, du fait de microentreprises qui investissent les secteurs dynamiques comme le transport de marchandises ou l'immobilier. Les faillites ont diminué de plus 40 % sur un an : grâce aux aides mais aussi au traitement des procédures de déclaration de faillite devenues difficiles avec les mesures sanitaires.
Emploi et chômage baissent simultanément : l’activité des 25-49 ans baisse (données nationales, "nombre d'actifs") mais aussi se pose le problème de la mesure du chômage. Fin 2020, le nombre des inscrits à Pôle emploi sans activité a augmenté de +9,1 % (+298 000 DEFMa) sur un an, soit un ordre de grandeur en rapport avec la baisse de l’emploi salarié privé. Le nombre de chômeurs en activité réduite de courte durée s’est légèrement contracté (-18 600 DEFMbc en glissement annuel fin 2020) reflétant la diminution des embauches en contrats courts. L’augmentation des inscriptions à Pôle emploi concerne toutes les classes d’âge, mais est légèrement plus sensible pour les jeunes (+10,5 %, +36 400 DEFMabc en 2020) que pour les autres classes d’âge. Les sorties de chômage sont également plus difficiles. Le sous-emploi augmente.
En 2020, si la forte baisse de l'activité n'entraîne qu'une faible hausse du chômage, c'est certainement dû à un problème de mesure du chômage dans la période COVID.

Références des statistiques générales

1975 Les effets économiques d'un choc pétrolier sont expliqués, en particulier dans :

1981-82

1982-86 : politique de désinflation compétitive

1986

2008-2009

Statistiques :
Quelques explications :

2014-2017

Statistiques :
Quelques explications :

2020-2021

Quelques explications :

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